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Secret des bateaux
en bouteilles.
L'art de mettre en bouteille des petites maquettes
appartient à une tradition assez ancienne. Au temps de la marine
à voile, nombre de marins de commerce occupaient ainsi leurs
heures de repos dans le gaillard davant. C'est ainsi, que nous
pouvons retrouver dans différents musées de nombreux de
ces modèles, qui étaient souvent de construction simple,
mais juste. Le marin de l'époque ne disposait que de peu de matériaux
pour réaliser ces maquettes en bouteilles.
Avec toutes les facilités que nous avons aujourd'hui, nous pouvons
arriver à des constructions très justes et ressemblantes,
voire même de véritables maquettes à l'échelle.
A l'abri de son joli flacon de verre blanc transformé en une
sorte de vitrine, la fragile maquette y semble toujours nimbée
d'une aura de mystère. Comment un tel navire avec toutes ses
voiles et ses espars a-t-il bien pu passer par l'étroit goulot
de la bouteille?
La réponse à cette question fait toute la singularité
de ce genre de maquette et dicte son mode de construction. Car il faut
en effet impérativement se donner les moyens de la faire passer
par le goulot.
En réalité, la maquette elle-même ne diffère
pas des autres modèles, contrairement à ce que s'imagine
la plupart des gens, les bateaux en bouteilles sont fabriqués
sur un chantier à l'air libre la petite coque sculptée
dans un bloc, la mâture, les vergues sont préparées
de la même façon qu'une maquette classique.
Tout est soigneusement poncé et mis en peinture. Puis vient l'heure
du montage. Il se fait à l'extérieur de la bouteille,
comme pour toute autre maquette, a ceci près que le gréement
constitué de nombreux fils repérés, doit pouvoir
être rabattu sur le pont à la manière d'un parapluie
refermé, de telle sorte que l'ensemble ne forme plus qu'un fuseau
suffisamment mince pour passer par le goulot !
Afin de dégager le pont lors de cette opération, certains
éléments préfabriqués seront enlevés
et replacés après le remontage dans la bouteille. Une
mer de mastic aura été confectionnée à l'intérieur
de la bouteille. On peut aisément la retoucher, la sculpter,
la peindre avec quelques petits outils emmanchés sur de longues
baguettes; Inutile de préciser que ces outils nexistent
pas dans le commerce, c'est à chacun de se fabriquer une panoplie
à son goût!
Enfin la maquette pliée et rendue totalement méconnaissable
est introduite par le goulot dans la bouteille et collée sur
la mer. Le moment est alors venu de redresser les mâts et d'établir
la voilure. Il suffit pour cela de tirer sur les étais constitués
de fils repérés lors de la construction. Tous ces fils
sont ensuite immobilisés, puis collés à l'aide
d'outils emmanchés.
Enfin, et pour terminer, il reste à couper tous les fils à
laide d'une lame montée elle aussi au bout d'un long manche.
Cette opération très délicate ne permet aucune
erreur.
Ne pas perdre de vue que le point le plus haut du gréement doit
presque toucher le verre. C'est la signature d'un travail bien fait
"à l'ancienne".
Il s'agit là bien sur du cas le plus simple, celui d'un bateau
suffisamment petit pour passer en entier par le goulot. Mais ce n'est
pas toujours le cas. Pour un modèle plus volumineux, il faut
procéder par étape et assembler le bateau dans la bouteille.
La coque est introduite en plusieurs tranches qui se superposent pour
être collées à l'intérieur, la dernière
tranche étant constituée par le pont et tout le gréement.
Une fois encore, les finitions, les retouches, l'ajout de quelques détails
se feront avec des outils emmanchés
Lorsque le volume de la bouteille le permet, ou lorsque le modéliste
est un habile miniaturiste, il est possible d'introduire différents
éléments de décor autour du bateau et de réaliser
ainsi un véritable diorama. Mais attention, ce nest pas
la prouesse technique qui importe le plus; Il faut savoir choisir la
bouteille, en fonction de sa forme et du grain de son verre, pour qu'elle
soit en harmonie avec le style de maquette et du bateau représenté.
Plus de secret entre nous, mais simplement quelques précautions
avant d'assurer le mariage entre le bateau et sa bouteille, devant trois
témoins: le diamètre intérieur du goulot, le diamètre
intérieur de la bouteille, et la longueur intérieure disponible.
Le plus difficile, en fin de parcours: dénouer délicatement
les filins et voiles, et redresser la mâture, d'où la nécessité
d'établir le dessin du bateau grandeur d'exécution, en
fonction du volume habitable dans la bouteille.
Obligation de bien réfléchir à toutes les étapes
à venir avant de commencer la construction.
Enfin, ne pas oublier que pour être joli le bateau devra remplir
au maximum la bouteille, tout en respectant les proportions, hauteur
largeur longueur.
C'est en respectant ces règles, que j'ai pu construire toute
une série de grands voiliers et voiliers traditionnels.
Toutes ces maquettes, ont été réalisées
à l'échelle d'après des petits plans de construction
puisés dans de nombreux livres et documentations.
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